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Nouvelles de Nov-Déc 2008
Nous sommes à un tournant décisif dans la rencontre des confessions chrétiennes dans le monde. En Essonne des représentants des Églises Orthodoxe, catholique, protestantes évangélique, baptiste, luthérienne, réformée et réformée libre se rencontrent pour faire connaissance avec les théologies des uns et des autres et leur pratique du baptême. Dans le cadre de l'année Calvin, à l'occasion de son 500ème anniversaire, voici ce qu'il en disait (toutes les citations sont tirées du 4ème volume de la confession chrétienne de Jean Calvin, Labor et Fides, Genève 1958) :
Tout d'abord une définition : " Un sacrement est un signe extérieur par lequel Dieu scelle en nos consciences les promesses de sa bonne volonté envers nous, pour confirmer (soutenir ou fortifier) la faiblesse de notre foi, et par lequel, à notre tour, nous rendons témoignage tant devant Lui et les Anges que devant les hommes, que nous le tenons pour notre Dieu. " (Page 267).
Ou encore : " C'est un témoignage de la grâce de Dieu envers nous, confirmé par un signe extérieur, avec une attestation mutuelle de l'honneur que nous lui portons. " Note de l'auteur : Il faut souligner que Calvin ne parle pas d'une grâce, mais 'de la grâce de Dieu', par où il faut entendre le don gratuit de son pardon et de sa force vivante.
Après avoir développé l'importance de la Parole (dans la prédication et l'enseignement), et des signes extérieurs, Calvin écrit encore : " Nous concluons donc que les sacrements sont vraiment nommés des témoignages de la grâce de Dieu, et comme des sceaux de la faveur qu'il nous porte, et que, la signant en nous, il consolent par ce moyen notre foi, la nourrissent, confirment et augmentent. "(Page 272).
Calvin ne limite pas les deux sacrements pratiqués dans l'Église protestante, mais il replace ceux de l'Ancien Testament comme préfiguration des nouveaux, le baptême et la cène. " Ces sacrements ont été divers, selon la dispensation du temps, par laquelle il a plu au Seigneur de se révéler et se manifester aux hommes en diverses manières. Car à Abraham et à sa postérité la circoncision fut commandée (Gen. 17/10), à laquelle après, par la Loi mosaïque, furent ajoutés les ablutions et sacrifices, et autres figures (Lév. 1 à 7). … Il y a une seule différence entre ces sacrements anciens et nouveaux : c'est que ceux-là ont préfiguré le Christ promis, quand encore on l'attendait à venir, tandis que les nôtres nouveaux témoignent et enseignent qu'il a déjà été donné et manifesté. " (Page 286).
Le baptême est ainsi défini par Calvin : " Le baptême est la marque de notre chrétienté, et le signe par lequel nous sommes reçus en la compagnie de l'Église, afin qu'étant incorporés en Christ, nous soyons réputés du nombre des enfants de Dieu. " (Page 294).
S'appuyant sur les Écritures, Calvin insiste sur un point dogmatique lié à la polémique sur la pénitence répétée, comme si le baptême n'en tenait compte. Le titre du § 4 sur ce sujet le dit : " le baptême est un acte de pénitence " (page 297). D'où le caractère définitif de ce sacrement : " Si nous devons continuer toute notre vie la pénitence que Dieu nous commande, il faut bien que la vertu du baptême s'étende jusqu'à ces limites-là. C'est pourquoi il n'y a nul doute que les fidèles tout le temps de leurs vie ne doivent avoir recours à la souvenance de leur baptême, toutes les fois que leur conscience les accuse ".
Calvin ne fait pas de distinction entre le baptême de Jean et celui au nom de Jésus : " Jean appelle Jésus-Christ l'Agneau de Dieu, par lequel étaient ôtés et effacés les péchés du monde (Jean 1/28-29), en quoi il l'a confessé, avoué (reconnu) et témoigné être le Sacrifice agréable au Père, être propitiateur, être Sauveur. Que pouvaient rajouter les Apôtres à cette confession ? Certes rien, car elle est pleine et entière. " (Page 299).
Un acte qui atteste la rémission des péchés, et nous unit au Christ. Le baptême " sert à notre confession devant les hommes en cette matière : c'est qu'il est une marque et enseigne par laquelle nous déclarons que nous voulons être dénombrés au peuple de Dieu, … " (Page 304).
Quant à la pratique de l'acte baptismal, les femmes en sont exclues. Pourvu que celui qui baptise en est reçu ordination de la part de l'Église, puisqu'il s'agit d'un acte public (ch. 20 p.310). Comme aujourd'hui des femmes sont reconnues dans leur ministère, elles peuvent administrer le baptême. Des laïcs peuvent également l'administrer, pourvu qu'ils soient délégués par l'Église.
Gilbert Méar